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Le cerveau : du neurone aux apprentissages

Dernière mise à jour : avr. 2


C’est parti pour la semaine du cerveau !

La Semaine du cerveau est un événement national, organisé durant le mois de mars par la Société des Neurosciences. Il a lieu tous les ans depuis 1999 et compte une série de conférences, coordonnées par différents laboratoires de recherche dans plusieurs villes. Il a également une portée internationale car la semaine dédiée à cet organe fascinant se déroule simultanément dans une centaine de pays. Le but est multiple : sensibiliser la population sur l’importance de connaître le cerveau, présenter la recherche en neurosciences au grand public et informer les étudiants et les chercheurs sur les avancées dans ce domaine et leurs divers enjeux en société. Autrement dit, c’est passionnant !

Cette année, la Semaine du Cerveau a eu lieu du 15 au 21 mars, dans un format hybride avec des conférences en ligne et en présentiel et, pour clôturer cette semaine spéciale, nous vous proposons un article sur cet organe.


Mais le cerveau, c’est quoi exactement ?



Un organe de la pensée ?

L’existence d’un organe de la pensée fait débat depuis très longtemps. Pendant de nombreux millénaires, les fonctions du cerveau étaient inconnues, et l'on croyait, par exemple en Egypte ancienne, que l'activité mentale était localisée dans le cœur. Il existe encore des expressions mettant en avant le rôle du cœur dans la pensée et les comportements, comme par exemple « Avoir un cœur de pierre » ou « Apprendre par cœur ».


Hippocrate (-460 à -377 av. JC) médecin grec, considère quant à lui que le cerveau est le centre de la pensée, que « Grâce à lui nous pensons et comprenons, pouvons voir et entendre », qu’il est à l’origine de « nos plaisirs, nos joies et nos rires mais également nos tristesses, nos peines et nos chagrins ». Il décrit le fonctionnement cérébral à partir de l’interaction de quatre éléments : eau, air, terre et feu, ceux-ci combinés aux quatre qualités physiques : chaud, froid, humide et sec. Il continue ainsi la pensée d’Alcméon de Crotone (~500 av. J.C), l’un des premiers à définir le cerveau comme étant le centre de contrôle de l’organisme, lui attribuant le siège de la pensée, des sensations et de la conscience.


Opposé à cette hypothèse cérébrocentrique, Aristote (-384 à -322 av. JC) reprend l’hypothèse que le cœur est le véritable siège de la pensée. Le cerveau n’est selon lui qu’une « machine thermique » servant à refroidir le sang chauffé par les émotions.


Au 17ème siècle, René Descartes (1596-1650) distingue clairement les fonctions physiques des fonctions mentales. C’est le célèbre dualisme corps-esprit : l’esprit est une substance distincte du corps dont l’essence est la pensée. Selon Descartes, la pensée est logée dans la glande pinéale car cette petite glande, située au centre du cerveau, serait le seul organe du cerveau ne se présentant pas en double, dans chacun des hémisphères. La pensée est unique, il faut que l’organe qui l’abrite le soit aussi.


Un siècle plus tard, Franz Joseph Gall (1758-1828), développe la théorie de la phrénologie. Selon cette théorie, chaque partie du cerveau est impliquée dans une capacité intellectuelle ou un trait de personnalité et, plus cette capacité ou ce trait est développé, plus la région cérébrale associée est importante. Il serait alors possible de découvrir les capacités intellectuelles et les traits de personnalité d’une personne uniquement à partir de l’analyse des bosses de son crâne, comme la fameuse « bosse des maths ». Certains aspects de cette théorie, comme l’organisation du cerveau en régions fonctionnelles ou bien le lien entre l’anatomie du cerveau et son fonctionnement ont été validés depuis expérimentalement à de nombreuses reprises, chez l’homme et chez l’animal. En revanche, le vrai problème de cette théorie vient du fait qu’il n’y a pas de lien entre la forme du crâne et la forme du cerveau. Le physiologiste Pierre Flourens (1794-1867), à partir d’expériences sur le cerveau des oiseaux, combat vivement cette théorie, parce qu’il soutient l’idée d’une organisation globale du cerveau, sans spécialisation fonctionnelle des différentes régions du cerveau.


A la fin du 19ème siècle, le médecin français Paul Broca (1824-1880) propose une preuve clinique établissant un lien entre une région cérébrale précise et une fonction cognitive spécifique. Un de ses patients, Monsieur Leborgne, surnommé « Tan », souffrait d’une aphasie, un trouble du langage qui faisait qu’il ne pouvait prononcer que la syllabe tan, ce qui lui donna son surnom. Après la mort de ce patient, Paul Broca analyse son cerveau et met en évidence une lésion cérébrale, due à la syphilis, au niveau de la troisième circonvolution du lobe frontal gauche, appelée aujourd’hui l’aire de Broca. La présence de cette lésion et le déficit fonctionnel associé permet à Broca d’établir un rapport entre cette zone du cerveau et la production langagière. Ces travaux, présentés à la Société d'Anthropologie de Paris en 1861, entrainent de vifs débats. En effet, le cas de « Mr Tan » présente des arguments en faveur du localisationnisme : il existerait, dans le cerveau, des régions spécialisées pour une fonction précise et cette dernière se trouverait altérée dans le cas d’une lésion du centre correspondant. Ce point de vue s’oppose alors à l’holisme cérébral qui considère que le cerveau fonctionne comme un tout.


Au milieu du 20ème siècle, le neurophysiologiste Roger Sperry (1913-1994) s’intéresse à la spécialisation fonctionnelle et observe que certaines activités, telles que le langage, la perception de l’espace, la reconnaissance des visages et le raisonnement sollicite plus un hémisphère du cerveau que l’autre. Il s’appuie notamment sur le cas de patients « split brain » dont les fibres reliant les deux hémisphères cérébraux (le corps calleux) sont endommagées ou inexistantes, à la suite d’une maladie ou un accident. Il devient ainsi l’un des précurseurs de la spécialisation hémisphérique qui désigne l’inégale implication des deux hémisphères cérébraux pour une fonction donnée. De nombreuses études par la suite ont confirmé qu’en fonction du domaine cognitif, de l’âge et de la latéralité manuelle (droitier, gaucher, ambidextre) et de l’expertise du sujet, l’implication des deux hémisphères est variable mais que la collaboration entre les deux hémisphères est nécessaire.


Comment le cerveau est organisé ?

Aujourd’hui, nous comprenons de mieux en mieux le fonctionnement et l’organisation du cerveau grâce au développement des neurosciences et de ses méthodes d’investigation. L'imagerie cérébrale, comme l’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM), l’Electro-Encéphalographie (EEG) et la Magnétoencéphalographie (MEG), permettent par exemple de mesurer de manière non invasive le fonctionnement du cerveau lorsqu’il est engagé dans une tâche cognitive ou dans son activité basale (dit activité au repos, même si, lorsque l’on est vivant, le cerveau n’est jamais vraiment au repos).


Ces vingt dernières années, les recherches en imagerie cérébrale ont notamment permis d'établir deux principes fondamentaux de l'organisation du cerveau : la ségrégation et l'intégration fonctionnelle. La ségrégation correspond à la forte spécialisation d’aires dédiées dans le cerveau pour une fonction alors que l’intégration correspond au transfert d’informations entre ces aires spécialisées (au sein du même hémisphère ou entre hémisphères). Certaines régions, appelées ‘hub’, ont la particularité d’être très connectées à d’autres régions (par exemple l’aire de Broca avec les autres régions de production du langage). Ces hubs sont importants car s’ils dysfonctionnent, c’est l’ensemble du réseau qui dysfonctionne : problème local, conséquence globale ! Un peu comme pour le réseau aérien : une grève dans l’aéroport d’une grande ville et c’est l’ensemble du réseau aérien qui est concerné. Ces différentes notions (ségrégation, intégration, hub) permettent de réconcilier les deux hypothèses, apparemment opposées, d’holisme et de localisationnisme cérébrale.


Si l’on associe souvent certaines fonctions à certaines régions du cerveau (par exemple réflexion et prise de décision aux régions frontales, langage et calcul aux régions pariétales, communication et langage aux régions frontales et temporales…), chaque fonction est en fait associée à un ensemble de régions (ou réseau), chaque région étant impliquée dans plusieurs fonctions. Si nous reprenons l’exemple de la lecture de l’article du mois dernier, le réseau cérébral associé à cette fonction est constitué d’un plusieurs régions dont certaines sont également impliquées dans le langage, ou dans la vision ou encore l’attention.


Une étude à plusieurs niveaux

Comme tout organe du corps, le cerveau est organisé à différents niveaux, du plus fondamental (moléculaire/génétique, cellulaire) au plus intégré (réseaux cérébraux visibles en imagerie). Pour bien comprendre le cerveau, il faut donc le décrire à ces différents niveaux. Et tous les niveaux de descriptions sont utiles. Toute la difficulté ensuite est de rassembler les différentes pièces du puzzle pour avoir une description complète du cerveau.


Au niveau fondamental, deux types des cellules jouent un rôle central dans le cerveau : les neurones et les cellules gliales. Les neurones sont constitués d’un corps cellulaire avec un noyau et d’un long prolongement nommé axone. L’ensemble des corps cellulaires de ces neurones compose la fameuse matière grise cérébrale par opposition à la matière blanche qui, elle, est formée des faisceaux d'axones. Les neurones peuvent communiquer entre eux au niveau de la synapse. L'information dans le cerveau est codée soit en signal électrique, avec l’influx nerveux qui se propage le long des axones, soit en signal chimique, avec les neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine…) qui s’échangent dans la synapse. Les cellules gliales, qui entourent les neurones, sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau avec un rôle support dans différents domaines : elle approvisionnement les neurones, éliminent les débris, participent à la cicatrisation, forment la gaine de myéline (isolant électrique facilitant la conduction de l’influx nerveux) et participent à la défense du tissu cérébral grâce à leurs fonctions immunitaires.


Ce qui fait la complexité du cerveau humain, ce n’est pas tant le nombre de neurones (~85 milliards) ou de cellules gliales (~100 milliards) ou la longueur des vaisseaux sanguins (~600 km), mais le nombre pharaonique de synapses : plus d’un million de milliards ! Pour comparaison, il existe plus de synapses dans le cerveau humain que d’hyperliens sur internet. Le réseau cérébral est ainsi bien plus complexe que l’ensemble du réseau internet actuel ! Au cours du développement et tout au long de la vie, de nouvelles connexions synaptiques peuvent se créer (synaptogenèse) et se défaire (élagage synaptique) afin d’optimiser le trafic de l’information dans le cerveau entre les régions qui travaillent ensemble. La création de nouveaux neurones (neurogenèse) est très importante avant la naissance (jusqu’à 4000 nouveaux neurones par seconde). Des travaux récents ont montré que, contrairement à ce que l’on croyait auparavant, cette création de nouveaux neurones perdure même à l’âge adulte, mais à un rythme bien moins soutenu.


La plasticité cérébrale, un mécanisme fondamental pour l'apprentissage et le développement

Ces processus de créations et de destructions de synapses, et dans une moindre mesure de neurones, sont impliqués dans la plasticité cérébrale, cette capacité qu’a le cerveau à s’adapter à son environnement. A la suite d’un évènement, d’une expérience de vie, positive ou négative, d’un apprentissage ou d’une lésion, le cerveau a la capacité de se réorganiser dans son fonctionnement mais également dans sa structure. Contrairement aux ordinateurs dont les mises à jour ne portent que sur l’aspect fonctionnel (le système d’exploitation), le cerveau, lui, peut changer son anatomie (l’équivalent des circuits imprimés pour les ordinateurs).


De nombreuses études ont montré que la plasticité cérébrale joue un rôle fondamental pour l’apprentissage. Par exemple, la zone du cortex cérébral dévolue au contrôle et à la sensibilité de l’auriculaire (le petit doigt) est plus importante chez les violonistes que chez les personnes non-musiciennes. Le cerveau modifie en effet la quantité de ressources affectées à une fonction selon l’importance de cette fonction. Un aspect important est que cette plasticité cérébrale est d’autant plus marquée que le violoniste est jeune. Il existe en effet des périodes du développement, dites « périodes critiques » ou « périodes sensibles », au cours desquelles un évènement ou une stimulation aura plus d’impact qu’à un autre moment de la vie. Il est par exemple plus facile d’apprendre une nouvelle langue, de percevoir de nouveaux phonèmes, quand on est jeune enfant que lorsqu’on est adulte. Un exemple de plasticité cérébrale, chez l’adulte, est celui des chauffeurs de taxi londoniens, contraints de connaître par cœur l’organisation de la ville et qui présentent une augmentation du volume de l’hippocampe, une région du cerveau qui est spécialisée dans la mémoire spatiale. Plus les chauffeurs exercent cette profession depuis longtemps, plus le volume de l’hippocampe est grand. La plasticité cérébrale est également le processus cérébral qui fait l’intermédiaire entre les facteurs environnementaux, ex. socio-économiques ou culturels, et le fonctionnement cognitif et les apprentissages.


Une question de recherche importante est de bien comprendre les mécanismes de plasticité cérébrale impliqués dans les apprentissages cognitifs et quels sont leurs retentissements sur l’appropriation d’outils culturels comme la lecture (cf. article du 21 février 2021) ou les mathématiques (cf. article du 14 mars 2021). C’est le cas par exemple du projet APEX (APprentissages EXécutifs) mené par le LaPsyDÉ. Ce projet explore les changements anatomique (volume local de matière grise, microstructure des faisceaux d’axones) et fonctionnelle (activité cérébrale lors de tâches cognitive et fonctionnement basal) du cerveau chez l’enfant et chez l’adolescent à la suite de différents types d’entraînement cognitif. Pour mesurer ces changements, un ensemble de tests cognitifs, de tâches scolaires et une IRM sont proposés avant et après cinq semaines d’entraînement.


Tous ces travaux qui montrent que le cerveau se transforme à la suite d’apprentissages, qu’il peut être reconfiguré, à tous les âges, chez le bébé, l’enfant et même l’adulte, est une découverte théorique fondamentale qui a des retombées importantes pour les pratiques éducatives. Elles peuvent en effet renseigner sur les contraintes du cerveau qui apprend. Mais, au-delà de ces nouvelles connaissances, promouvoir auprès de l’enseignant et de l’élève cette représentation malléable de l’intelligence, d’un cerveau sculpté par l’éducation et la culture, qui fait que rien n’est joué d’avance, est un levier extrêmement puissant pour l’éducation et les apprentissages des élèves.

Pour aller plus loin

Houdé, O., Mazoyer, B., Tzourio-Mazoyer, N., & Crivello, F. (2002). Cerveau et psychologie : Introduction à l'imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle. Presses universitaires de France.

Borst, G., & Cachia, A. (2018). Les méthodes en psychologie : «Que sais-je?» n° 4019. Que sais-je.

Sarrasin, J. B., Nenciovici, L., Foisy, L. M. B., Allaire-Duquette, G., Riopel, M., & Masson, S. (2018). Effects of teaching the concept of neuroplasticity to induce a growth mindset on motivation, achievement, and brain activity: A meta-analysis. Trends in neuroscience and education, 12, 22-31.


Auteurs :

Gabriela Rezende

Doctorante au LaPsyDÉ, Université de Paris

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Iris Menu

Doctorante au LaPsyDÉ, Université de Paris

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Arnaud Cachia

Chercheur au LaPsyDÉ & Professeur de Neurosciences Cognitives à l'Université de Paris

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English version



Brain Week is a French national event, organized during the month of March by the French Society for Neuroscience. It takes place every year since 1999 and includes a series of conferences, coordinated by different research laboratories in several cities. It also has an international impact as the week dedicated to this amazing organ takes place simultaneously in about 100 countries. It serves multiple goals: raising public awareness of the importance of knowing the brain, presenting neuroscience research to the general public, and informing students and researchers about advances in this field. In other words, it's exciting!


This year, Brain Week took place from March 15 to 21, in a hybrid format with online and face-to-face conferences, and to close this special week, we offer you an article about this organ.


An organ of thinking?

The existence of an organ dedicated to thinking has been debated for a very long time. For many millennia, functions of the brain were unknown, and it was believed, for instance in ancient Egypt, that mental activity was located in the heart. There are still expressions that emphasize the role of the heart in thinking and behavior, such as "having a heart of stone" or "learning by heart".


Hippocrates (-460 to -377 BC), a Greek physician, considered that the brain is at the center of thinking, that "thanks to it we are able to think and understand, to see and hear", that it is at the origin of "our pleasures, our joys and our laughter, but also our sadness, our sorrows and our grief". He describes the brain functioning based on the interaction of four elements: water, air, earth, and fire, combined with four physical characteristics: hot, cold, wet and dry. In this way, he continues the thought of Alcméon of Crotone (~500 BC), one of the first to define the brain as the control center of the organism, attributing to it the location of thinking, sensations, and consciousness.


Opposed to this cerebrocentric hypothesis, Aristotle (-384 to -322 B.C.) came back to the hypothesis that the heart is the true location of thinking. According to him, the brain is only a "thermal machine" used to cool down the blood heated by the emotions.


During the 17th century, René Descartes (1596-1650) clearly distinguished the physical functions from the mental functions. This is the well-known body-mind dualism: the mind is a substance distinct from the body whose essence is thinking. According to Descartes, thinking is located in the pineal gland because this small gland, located at the center of the brain, would be the only organ of the brain that is not duplicated in each hemisphere. Thinking is unique, so must be the organ that houses it.


A century later, Franz Joseph Gall (1758-1828) developed the phrenology theory. According to this theory, each part of the brain is involved in an intellectual capacity or personality trait, and the more developed this capacity or trait is, the more important the associated brain region is. It would then be possible to discover a person's intellectual abilities and personality traits just by analyzing the skull bumps, such as the famous "math bump". Some aspects of this theory, such as the organization of the brain into functional regions or the link between the anatomy of the brain and its functioning, have since been validated experimentally in humans and animals. However, the real problem with this theory is that there is no link between the shape of the skull and the shape of the brain. The physiologist Pierre Flourens (1794-1867), from experiments on birds' brains, strongly fought against this theory, as he supported the idea of a global organization of the brain, without any functional specialization of the different brain regions.


At the end of the 19th century, the French medical doctor Paul Broca (1824-1880) proposed a clinical proof establishing a link between a specific brain region and a given cognitive function. One of his patients, Monsieur Leborgne, nicknamed "Tan", suffered from aphasia, a language disorder which meant that he could only pronounce the syllable tan, which gave him his nickname. After the death of this patient, Paul Broca analyzed his brain and found a brain lesion, due to syphilis, in the third circumvolution of the left frontal lobe, now called Broca's area. The presence of this lesion and the associated functional deficit led Broca to establish a link between this area of the brain and language production. This work, presented to the Anthropological Society of Paris in 1861, led to intense discussions. Indeed, the case of "Mr. Tan" presents arguments in favor of localizationism: there would exist, in the brain, regions specialized for a precise function and this function would be altered in the case of a lesion of the corresponding brain area. This point of view is opposed to cerebral holism which considers that the brain functions as a whole.


In the mid-20th century, the neurophysiologist Roger Sperry (1913-1994) became interested in functional specialization and observed that certain functions, such as language, spatial perception, face recognition or reasoning, required more activity of one hemisphere of the brain than the other. In particular, he relies on the case of "split brain" patients whose fibers connecting the two cerebral hemispheres (the corpus callosum) are damaged or non-existent, following a disease or an accident. It thus becomes one of the precursors of hemispheric specialization which designates the unequal involvement of the two cerebral hemispheres for a given function. Following this, numerous studies have confirmed that, depending on the cognitive domain, age and manual laterality (right-handed, left-handed, ambidextrous) and the subject's expertise, the involvement of the two hemispheres is variable but the collaboration between the two hemispheres is necessary.


How is the brain organized?

Today, we understand better how the brain works and is organized thanks to the development of neurosciences and its investigation methods. Brain imaging, such as Magnetic Resonance Imaging (MRI), Electro-Encephalography (EEG) and Magnetoencephalography (MEG), for instance, allow us to measure non-invasively the functioning of the brain when it is engaged in a cognitive task or in its basal activity (known as resting-state activity, even if, when we are alive, the brain is never really at rest).


In the last twenty years, brain imaging research has established two fundamental principles of brain organization: segregation and functional integration. Segregation corresponds to the strong specialization of dedicated areas in the brain for a function, whereas integration corresponds to the transmission of information between these specialized areas (within the same hemisphere or between hemispheres). Some regions, called 'hubs', have the particularity of being highly connected to other regions (for example Broca's area with other language production regions). These hubs are important because if they dysfunction, the whole network becomes impaired: local problem, global consequence! It' s a bit like the airline network: a strike in the airport of a large city affects the entire airline network. These different notions (segregation, integration, hub) make it possible to conciliate the two apparently opposed hypotheses of cerebral holism and localizationism.


If we often associate certain functions with certain areas of the brain (e.g. thinking and decision making with frontal regions, language and calculation with parietal regions, communication and language with frontal and temporal regions...), each function is in fact associated with a set of regions (or network), each area being involved in several functions. If we take the example of reading from last month's article, the brain network associated with this function is made up of several regions, some of which are also involved in language, vision or attention.


A study at different scales

Like any organ of the body, the brain is organized at different levels, from the most fundamental (molecular/genetic, cellular) to the most integrated (brain networks that can be observed with imaging) one. In order to understand the brain, it must therefore be described at these different levels. And all levels of description are useful. The difficulty is then to put together the different pieces of the puzzle to have a complete picture of the brain.


At the fundamental level, two types of cells play a central role in the brain: neurons and glial cells. Neurons consist of a cell body with a nucleus and a long extension called axon. All the cell bodies of these neurons make up the famous cerebral grey matter as opposed to the white matter, which is made up of axon fibers. Neurons can communicate with each other through the synapse. The information in the brain is coded either as an electrical signal, with the nerve impulse that propagates along the axons, or as a chemical signal, with the neurotransmitters (dopamine, serotonin...) that are exchanged through the synapse. Glial cells, which surround neurons, are essential to the proper functioning of the brain with a supporting role in various areas: they supply neurons, clean the brain, participate in cicatrization, form the myelin sheath (electrical insulator facilitating the conduction of nerve impulses) and participate in the defense of brain tissue through their immune functions.


What makes the human brain so complex is not so much the number of neurons (~85 billion) or glial cells (~100 billion) or the length of blood vessels (~600 km), but the pharaonic number of synapses: more than one million billion! As a comparison, there are more synapses in the human brain than hyperlinks on the internet. Therefore, the cerebral network is much more complex than the entire current internet network! During development and over the course of life, new synaptic connections can be created (synaptogenesis) and pruned (synaptic pruning) in order to optimize the flow of information in the brain between regions that work together. The creation of new neurons (neurogenesis) is very important before birth (up to 4000 new neurons per second). Recent studies have shown that, contrary to what was previously believed, this creation of new neurons continues even in adulthood, but at a much slower rate.


Brain plasticity, a fundamental mechanism for learning and development

These processes of creation and destruction of synapses, and to a smaller degree of neurons, are involved in brain plasticity, the capacity of the brain to adapt to its environment. Following an event, a positive or negative life experience, a learning experience or a lesion, the brain has the capacity to reorganize itself in its functioning but also in its structure. Contrary to computers updates that only concern the functional aspect (the operating system), the brain can change its anatomy (the equivalent of printed circuit board for computers).


Many studies have shown that brain plasticity plays a fundamental role in learning. For example, the area of the cerebral cortex dedicated to the control and sensitivity of the little finger is wider in violinists than in non-musicians. The brain modifies the amount of resources allocated to a function according to the importance of that function. An important aspect is that this cerebral plasticity is more pronounced in younger violinists. There are indeed periods of development, called "critical periods" or "sensitive periods", during which an event or a stimulation will have more impact than at any other period in life. For example, it is easier to learn a new language, to perceive new phonemes, when we are young children than when we are adults. An example of brain plasticity in adults concerns London cab drivers, who need to know the organization of the city by heart and who show an increase in the volume of the hippocampus, a region of the brain that is specialized in spatial memory. The longer the drivers have been in the profession, the greater the volume of the hippocampus. Brain plasticity is also the brain process that mediates between environmental factors, e.g. socio-economic or cultural, and cognitive functioning and learning.


An important research question is to understand the mechanisms of brain plasticity involved in cognitive learning and their impact on the appropriation of cultural tools such as reading (see article of February 21, 2021) or mathematics (see article of March 14, 2021). This is the case, for example, for the APEX project (APrentissages EXécutifs) conducted by the LaPsyDÉ. This project explores the anatomical (local volume of grey matter, microstructure of axon fibers) and functional (cerebral activity during cognitive tasks and at rest) changes of the brain in children and adolescents following different types of cognitive training. To measure these changes, a set of cognitive tests, academic tasks and MRI data are acquired before and after five weeks of training.


All these studies, which show that the brain changes following learning, that it can be reconfigured at all ages, in babies, children and even adults, is a fundamental theoretical discovery which has important implications for educational practices. It can indeed provide information on the constraints of the learning brain. But, beyond this new knowledge, promoting this flexible representation of intelligence, of a brain sculpted by education and culture, which means that nothing is predetermined, is an extremely powerful lever for the education and learning of students.


To go further

Houdé, O., Mazoyer, B., Tzourio-Mazoyer, N., & Crivello, F. (2002). Cerveau et psychologie : Introduction à l'imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle. Presses universitaires de France.

Borst, G., & Cachia, A. (2018). Les méthodes en psychologie : «Que sais-je?» n° 4019. Que sais-je.

Sarrasin, J. B., Nenciovici, L., Foisy, L. M. B., Allaire-Duquette, G., Riopel, M., & Masson, S. (2018). Effects of teaching the concept of neuroplasticity to induce a growth mindset on motivation, achievement, and brain activity: A meta-analysis. Trends in neuroscience and education, 12, 22-31.


Authors :

Gabriela Rezende

PhD student at LaPsyDÉ, University of Paris

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PhD student at LaPsyDÉ, University of Paris

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Arnaud Cachia

Researcher at LaPsyDÉ & full Professor of Cognitive Neuroscience at the University of Paris

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